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Les
grands bouleversements politiques, économiques et culturels, pendant les
dernières moitiés du 20e siècle provoquent un grand désordre
dans la vie sociale, morale, religieuse et musicale de ce peuple.
Pour
des raisons politico-sociales, de nombreux Vietnamiens ont dû s’expatrier
dans des pays lointains.
Ce
déracinement pourrait être sujet d’une transformation inévitable de
toutes traditions et coutumes ancestrales lesquelles, plus grave encore,
tomberaient dans l’oubli si chaque Vietnamien en exil ne fait rien pour
les préserver et ensuite les perpétuer.
Nous avons choisi de perpétuer la musique traditionnelle, car nous
souhaitons que les jeunes Vietnamiens et vietnamiennes puissent
connaître leur racine, leur tradition ainsi que leur culture et retrouver
une connaissance ancestrale qui les aiderait a mieux communiquer dans le
pays d'accueil. Il ne s'agit pas ici d'un concours de virtuosité. Notre
voie est tout autre.
Cette
musique traditionnelle, vouée à une tradition qui se voudrait immuable,
a été transformée par le progrès du jeu instrumental, et la confrontation
avec d’autres musiques. Cette
transformation aiderait les jeunes Vietnamiens tout en redécouvrant leur
racine, à échanger, à communiquer grâce à de nouveaux apports culturels
des pays d’accueil .
Ce
mouvement évolutif se doit de continuer à transmettre ce précieux héritage
musical de nos pères dans la tradition du passé et d’être porteur d’un
avenir novateur.
Il
ne s’agit pas de perpétuer des règles d’une langue
morte mais bien au contraire de faire vivre la tradition dans la réalité
du présent de l’époque où l’on vit. Et le résultat est que la
musique traditionnelle a fait naître une deuxième expression à notre époque
grâce à la communication avec d’autres.
Dans
la pure tradition orale, la musique traditionnelle Vietnamienne s’apprend
de maître à l’élève, lequel ne se soucie ni de ce qu’est une échelle,
ni de la théorie, ni de son analyse. On se fie totalement à la sagesse
et à l’expérience du maître. On lui obéit et c’est tout.
Ce
qui heurte l’esprit logique de notre époque où tout doit se mettre à
l’évidence, être expliqué rationnellement selon les principes,
comprendre ce qu’on va – faire avant de l’exécuter.
Pour
cela il faut une notation précise pour fixer les formes classiques, pour
conserver les traces d’une tradition ancienne, pour procéder à vue étude
scientifique et analytique, pour restructurer un enseignement musical
adapté à cette pensée de codification et d’explications
scientifiques.
Récemment
deux systèmes de notation mis au point par le professeur Nguyen Huu Ba,
ont permis de noter avec plus de précision les pièces de musique
traditionnelle, par
des signes conventionnels, il a indiqué le tremblé, les liaisons, les
arpèges. Mais
une notation trop précise risquerait d’être une arme à double
tranchant . Elle pourrait supprimer la part de l’improvisation, de la
recréation apportée par l ’ interprète.
Le
côté imprévu, impromptu et personnel d’une exécution musicale se
trouverait diminué et le plaisir de l’audition avec. Et
le côté dynamique de cette musique devenue figée, sclérosée
pleurerait à jamais sa condamnation. C’est
pourquoi ; il convient d’utiliser à bon escient la partie
essentielle des systèmes de notation musicale en usage depuis toujours de
l’ancien temps.
Phuong Oanh
Professeur d'Etat
Texte traduit et mise en forme par Mme VO QUANG Luong ancienne
Directrice de l'Ecole Laurier (Vientiane Laos)
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