
Mes chers amis,
Phuong Ca Dân Ca Quôc Nhac est une école de musique populaire fondée en 1969 à Saigon.
De par sa vocation musicale Phuong Ca accueille des étudiants de tous âges. Durant ses premières années à Saigon, Phuong Ca avait élu domicile au 614/4 rue Phan Dinh Phùng, dans le 3ème arrondissement de Saigon.
Dans cette minuscule mais néanmoins chaleureuse maison, Phuong Ca avait réuni près de 200 étudiants de cithare et de musique populaire, divisés en 8 classes de 10 à 16 élèves, les cours hebdomadaires se déroulant en 2 séances de 2 heures chacune avec, en plus, la participation des élèves aux répétitions chaque samedi.
Trois professeurs encadraient les classes: Trân Thi Thanh Thuy, Lê Ngoc Thanh, Pham Thi Lê Hà, issues elles-mêmes de l’école Phuong Ca et diplômées du Conservatoire de Saigon. Actuellement, Lê Hà vit aux Etats-Unis, ainsi que Ngoc Thanh. Seule Thanh Thuy vit encore au Vietnam. En dehors de ces trois professeurs, toute la partie administrative incombait à Bach Cuc qui, de plus, avait la lourde tâche d’accorder chacun des instruments de l’école.
Depuis 32 ans, que ce soit au Vietnam ou sur le sol français, l’objectif de Phuong Ca est demeure intact, à savoir la sauvegarde, le développement et la transmission de la musique traditionnelle populaire du Vietnam aux différentes couches de la société. Le but est de permettre aux Vietnamiens, quel que soit leur âge, de pratiquer un instrument de musique et de chanter les chants populaires vietnamiens.
Aujourd’hui, en Occident, Phuong Ca s’est vue attribuer une autre tâche non moins importante : apporter la culture traditionnelle aux Vietnamiens d’outre-mer. Cela peut sembler simpliste et exiger pourtant une totale abnégation ainsi qu’une grande patience.
En France depuis 1975, après une période d’instabilité imposée par des événements personnels, je n’ai pu renouer contact avec le milieu musical qu’à l’occasion de la représentation de Khanh Ly à Paris, lorsque la troupe Hoàng Thi Tho s’était produite à Maubert, permettant ainsi à la cithare et à la classe de Phuong Ca de se produire pour la première fois en Occident.
Oeuvrer pour la Culture est une vocation qui nous poursuit la vie entière. La Culture ne connait ni fatigue ni lassitude ni vieillesse et elle ne connait acun répit possible. Ainsi est la mission de Phuong Ca. L’école sert de base de départ et de transmission de la musique populaire, pour qu’afin que, si nous avons en nous l’amour de la patrie, nous puissions partager la même vision pour des engagements futurs pouvant conduire à une réussite culturelle certaine.
Aujourd’hui le Vietnam n’est plus seulement ce lointain pays en forme de S, au-delà des océans. Il est sorti de ses frontières limitées pour être partout à la fois, avec des connaissances acquis par les Vietnamiens d’outre-mer, ce qui, au demeurant, est un enrichissement permanent, bien que sur un plan strictement musical, nous avons perdu beaucoup de nos traditions.
Parce que la musique traditionnelle est basée sur une culture ancestrale et donc sur l’expression de tout un peuple, tout développement en parallèle avec le développement de la société peut être bénéfique. Si cette avancée ne s’accompagne pas de la protection des traditions, elle peut, au contraire, s’avérer être très fragile, à l’image d’un arbre au tronc vigoureux mais aux racines altérées qui, à terme, se traduira par une mort certaine.
Lorsque nous nous comparons avec les nations voisines telles que le Laos, le Cambodge, le Japon, la Corée ou encore la Chine, nous apercevons que leur développement culturel s’accompagne d’idéologies nationales afin que les techniques populaires puissent être préservées de manière définitive et absolue.
La sauvegarde culturelle n’est pas l’afffaire d’une seule personne mais de tout un pays et de tous ceux qui chérissent leur patrimoine culturel
Pour nous autres, Vietnamiens qui vivons en outre-mer aujourd’hui,la terre natale n’est plus qu’une certaine idée enfouie dans notre conscience collective. Nous avons gardé quelques souvenirs d’enfance passée sur la terre des ancêtres, et ce sont elles qui nous relient à la culture vietnamienne. Si nous ne préservons pas aujourd’hui ce passé pour le transmettre aux générations futures, il est fort à parier que les enfants de la seconde ou de la troisième génération ignoreront tout de leurs origines.
S’intégrer dans une société telle que la société française est bénéfique pour les Vienamiens, mais cela suppose à la base la conservation des acquis culturels. A travers la musique, à travers les mainfestations musicales en Europe, l’école Phuong Ca est fière aujourd’hui de représenter les couleurs du Vietnam.
La principale réussite de Phuong Ca est l’expansion de la musique populaire vietnamienne, pas seulement en France mais également à travers le monde entier, de ce qui, au départ, n’était qu’une petite tâche, importante certes, mais si ingrate.
Phuong Oanh
Texte traduit par Quốc Thanh.
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